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Il m’aura fallu monter dans un train, m’assoir dans un tramway,
me tenir dans un bus, traverser des ponts et marcher
le long d’une route pour arriver enfin aux
Serres d’Auteuil.

 

 

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Derrière les grilles, bien dissimulé, un escalier de pierre dévoile un parc silencieux, lumineux, baigné par les orangés et la fraicheur de l’automne. Le balai incessant des voitures s’est fait instantanément taire et l’on entend le bruissement des feuilles, le crissement des pas sur les chemins caillouteux. Au loin, les serres sont là, élégantes, de vert et de verre vêtues. Je pousse la pre- mière porte, la chaleur humide me saute au visage, un univers tropical quand dehors le froid rosit les joues.

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Les palmiers se pâment, hauts, fiers, tamisant la lumière douce. Les chants des oiseaux enve- loppent tout l’espace, comme des points colorés au loin, ils volent sans cesse, répondant aux poissons rouges, noirs, bleus, lumineux, se faufilant, caressant la surface scintillante de l’eau. Mes pas sont piqués par des jaunes, des roses, des rouges, se déposant comme un baiser au pieds des longues feuilles vertes. Mes cheveux s’accrochent aux branches de quelques arbres aux épines aiguisées tandis que mes mains repoussent les larges feuilles m’occultant jalousement la vue.

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Il me faut me frayer un chemin parmi les roches terreuses, elles sont chaudes, argileuses, sèches et poudreuses maculant mes chevilles de leur feu. Tout se mêle parfaitement dans cette harmonieuse respiration, dans cette délicieuse expiration. Chaque mouvement de tête amène sa surprise, quand de délicates grappes rouges et noires tombent du ciel jusqu’à mes yeux, de fines branches frisonnent comme une chevelure emmêlée parmi les troncs écaillés mais solides.

C’est un instant de répit, une pause au coeur de la ville, une bribe de beauté, un morceau de silence et de lenteur. Ici les bouches parlent bas, les yeux roulent de part et d’autre, les doigts touchent, les nez hument. Personne ne court, tout le monde observe, on s’assied parfois, près de l’eau, aux pieds des poissons, un crayon à la main, tentant de capturer l’instant volatile, il s’envolera bientôt, à mesure que je gagne la route du retour.

 Léa

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Tous les crédits photos reviennent à ©Piñata

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